
J’ai 32 ans et la chance de pouvoir exercer le métier de photographe. De pouvoir parcourir le monde à la rencontre des différences.
Je suis indépendante et travaille en binôme avec des journalistes de talent, comme Nadjet Cherigui, Elsa Fayner , ma sœur Marina et Emilie Trevert.
La conjecture aujourd’hui fait qu’il est diffcicile, et parfois démotivant d’être indépendant. Il faut démarcher sans cesse, proposer nos idées aux magazines, qui souvent n’ont pas les moyens de nous faire partir. Il faut alors partir « à nos frais », prendre tous les risques. Tout financer, et vendre ensuite.
Heureusement, il existe toujours des magazines prêts à s’engager, qui financent encore des reportages et qui les défendent avec passion au sein de leur rédaction. C’est le cas du figaro magazine, qui nous a financé (Nadjet et moi) 4 grands reportages cette année. (2010)
Ce que j’aime dans ce métier, c’est de pouvoir passer du temps avec les gens, rentrer dans leur univers. Je n’aime pas la sensation d’arriver et de partir avec une petite partie d’eux. J’aime savoir que cette partie là, ils l’ont partagée avec moi. Que je ne leur ai pas volée.
J’ai encore beaucoup de progrès à faire, tant sur le plan technique, que sur le fond. Mieux choisir mes reportages, les approfondir. Utiliser du son, me diversifier, travailler pour de nouveaux supports ou des supports complémentaires. Notre métier est en pleine évolution, de multiples perspectives s’ouvrent. On entend souvent dire que c’est fini. Même si la presse vit une crise sans précédent, d’autres débouchés s’ouvrent, d’autres supports apparaissent. Je vois de nombreux projets se créer autour de moi, innovants et audacieux. Nous ne vivons pas la fin du photojournalisme, mais un renouveau.